
En ce jour férié de la fête du travail, je me remets d’une soirée de fête de départ. On ne fêtait pas le départ de quelqu’un qu’on appréciait en faisant une fête d’au revoir pour cette personne, pour lui signifier notre sympathie. Non, on fêtait le départ d’une personne honnie.
Là, on a claqué le champagne ! Les réjouissances étaient de mise. On ne fêtait pas un départ, on fêtait LE départ… bon débarras ! Le tyran est parti, maintenant le monde va pouvoir redevenir humain.
On fêtait le départ d’une personne méprisable et méprisante, odieuse, irrespectueuse. A ce niveau ce n’est plus de l’absence de professionnalisme ou de l’incompétence, ça va même plus loin que la méchanceté, de la malveillance, c’est du machiavélisme. Ce serait même un compliment de que qualifier cette personne de maléfique.
Quel est le point commun entre Jim Jones, Shoko Asahara, David Koresh, Joseph Staline, Mao Zedong, Pol Pot ?
Le point commun est la logique de « souffrir pour le bien ». Ces figures partagent plusieurs mécanismes :
- Certitude absolue : ils se croient détenteurs d’une vérité unique
- Déshumanisation : ceux qui s’opposent deviennent des ennemis ou des obstacles
- Promesse d’un futur meilleur : paradis, révolution, purification
- Contrôle mental et social : isolement, propagande, peur
- Justification morale de la violence : « c’est nécessaire », « c’est pour votre bien »
Le personnage qui part ? Un mélange de Jabba le Hutt, et de Jim Jones, Shoko Asahara, David Koresh, Joseph Staline, Mao Zedong, Pol Pot réunis.
Chef de la brigade RI (Ressources Inhumaines), ce chef éprouvait du plaisir à humilier et rabaisser les gens qu’il n’appréciait pas.
Sous son management (sous sa dictature), de nombreuses personnes se sont mises en arrêt de travail pour dépression. Son management frôlait le harcèlement. Mais intelligent : jamais rien d’écrit, aucune preuve. Lorsqu’une personne pleurait ou se plaignait de sa cruauté, sa réponse était de se moquer de la faiblesse et de la fragilité de son subalterne. Quoi qu’il arrive, c’était toujours la faute des autres. Si ce tyran commettait des erreurs, et qu’on lui faisait remarquer, c’était nous qui étions dans l’erreur.
Il traitait avec bienveillance et sympathie les gens qu’il appréciait, mais humiliait et rabaissait les gens qu’il n’appréciait pas. On n’était pas traités sur le même pied d’égalité : il y avait ses chouchous, il y avait ceux qu’il n’appréciait guère mais dont il avait besoin, et il y avait les autres, dont je faisais partie. Il recrutait des gens comme lui, les formant à son image en taillant un costard aux gens qu’il n’aimait guère. Ainsi, nous étions traités de la même façon par ses subalternes.
Il s’est servi de moi pour arriver à ses fins, utilisant mes communications en me citant pour faire virer quelqu’un. Je suis sûr qu’il éprouvait du plaisir à humilier et à faire souffrir les gens. Il m’a fait passer des nuits blanches à ne pas pouvoir trouver le sommeil, m’a rabaissé, m’a humilié, à un point tel que je me suis senti comme une merde. J’ai passé des semaines à picoler pour oublier, à même réfléchir à quitter mon job, quitter ma ville et ma région, voire quitter mon pays… en me disant : « si c’est ça la mentalité de l’entreprise, je n’ai rien à y faire », « si c’est ça la mentalité de ce pays, je ne peux plus y vivre ».
Franchement, j’aurais dû…
Ce tyran était protégé, et le niveau de protection était tel que la seule solution était la fuite. Le tyran : « tu l’aimes ou tu quittes tout ».
Alors, son départ volontaire, c’est du pur bonheur, c’est du petit lait. Même si ce qui arrive en remplacement est catastrophique… niveau humain, on ne pourra pas faire pire. Ce tyran aurait pu être prof pour Staline, Mao Zedong et Pol Pot, il les aurait fait passer pour des enfants de choeur. Je n’ai jamais autant haïs quelqu’un comme cela. J’en venais à ne plus supporter l’idée de respirer le même air que lui.
Bon débarras! Adios ! Et à jamais !