
J’ai récemment vu une image sur les réseaux sociaux qui m’a fait réfléchir à l’évolution des questions d’identité et de représentation dans notre société.
Pendant longtemps, les catégories liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre semblaient relativement simples pour la majorité des gens : hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, transgenre… Même si les discriminations existaient — et existent encore — beaucoup considéraient avant tout qu’il s’agissait simplement de personnes cherchant à vivre leur vie et leurs relations librement et sereinement.
Aujourd’hui, le vocabulaire autour des identités de genre, des orientations sexuelles ou romantiques s’est énormément développé. De nombreux termes sont apparus afin de permettre à chacun de mieux décrire son ressenti et son expérience personnelle. Pour certaines personnes, cette évolution est positive, car elle apporte de la visibilité et un sentiment de reconnaissance. Pour d’autres, elle peut sembler difficile à suivre ou parfois déroutante.
Il y a plus de 41 identités des genres : amagense, agenre, androgyne, aporagenre, autigenre (autisme-genre), axigenre, bigenre, bordergenre, cenrell, cisgenre, cloudsgenre, demiboy (demigarçon), demifluid, demiflux, demigenre, demigirl (demifille/demifemme), faesari, genderfae, genderfaun, genderfluid, genderflux, genderqueer, greygender, implagender (inexgender), intersexe, libragenre, maverique, multigender, nanogenre, neurogenre, neutrois, non-binaire, novigender, pangenre, quoigenre, transféminin, transgenre, transmasculin, trigenre, xenogenre, xumgenre, etc.
Il y a plus de 35 orientations sexuelles différentes : abrosexuel, acorsexuel, aegosexuel, allosexuel (zedsexuel), androgynosexuel, androsexuel, apothisexuel, asexuel, autosexuel, bisexuel, caedosexuel, ceterosexuel (skoliosexuel), cupiosexuel, demisexuel, dysphorasexuel, fraysexuel (ignotasexuel), graysexuel, gynesexuel, hétéroflexible, homoflexible, hypersexuel, hyposexuel, implasexuel (inexsexuel), lithosexuel, multisexuel, neurosexuel, novisexuel, omnisexuel, placiosexuel, pansexuel, polysexuel, quoisexuel, reciprosexuel, sapiosexuel, xumsexuel, etc.
Il y a plus de 30 orientations romantiques: acoromantique, aegoromantique, abroromantique, alloromantique (zedromantique), androgynoromantique, androromantisme (androphile), aromantique, biromantique, ceterotomantique (skolioromantique) cupiotomantique, demiromantique, frayromantique (ignotaromantique), grayromantique, gyneromantique, hétéroromantique, hétéroflexible, homoflexible, lithromantique (akoiromantique), multiromantique, neuroromantique, noviromantique, omniaromantique (panaromantique), omniromantique, panromantique, placioromantique, polyromantique, quoiromantique, reciproromantique, sapioromantique, xumromantique, etc.
Et je ne parle pas des 24 orientations sensuelles, des 19 orientations alternatives, des 2 orientations relationnelles et des 11 orientations platoniques.
Et en plus, c’est que chacune de ces identités des genres ou orientations a un drapeau qui lui est assigné.

Ce qui me questionne surtout, c’est la place que prennent les étiquettes dans nos échanges sociaux. À force de multiplier les catégories, on peut avoir l’impression que les individus sont davantage définis par des termes ou des appartenances que par leur personnalité, leurs valeurs ou leurs relations humaines.
Je comprends le besoin de certaines personnes de mettre des mots précis sur ce qu’elles ressentent. En même temps, je me demande parfois si cette recherche de définition permanente ne risque pas aussi de créer davantage de séparation entre les gens plutôt que de rapprochement.
Au fond, la plupart des êtres humains recherchent des choses assez universelles : être acceptés, aimer, être aimés, trouver leur place et vivre heureux. Peu importe les différences de parcours ou d’identité, ces aspirations restent communes.
Je pense aussi aux jeunes générations, qui grandissent dans un monde où les questions identitaires occupent une place importante. Cela peut être enrichissant, mais aussi parfois source de confusion ou de pression, notamment lorsqu’on cherche encore simplement à se découvrir soi-même.
Personnellement, j’aimerais que les discussions autour de ces sujets restent centrées sur l’écoute, le respect mutuel et la bienveillance, sans pour autant rendre les relations humaines inutilement compliquées. On peut reconnaître les différences de chacun sans oublier ce qui nous rassemble.
Après tout, tant que des personnes vivent leur vie sans nuire aux autres et trouvent leur équilibre, c’est probablement cela l’essentiel.