Nov 022007
 

Avec Kohei Fukunaga, Yuka Hyodo, Naomi Kawase, Kanako Higuchi, Kazumi Shibata
Réalisé par Naomi KAWASE

Deux enfants font une course effrénée à travers la petite ville japonaise de Nara. Soudain l’un d’eux, Kei, disparaît aux yeux de son frère Shun. Impossible de le retrouver. ” Peut-être a-t-il été enlevé par les dieux ” dit une vieille.

Cinq ans plus tard. Shun, 17 ans , fait des études de peinture ; les parents attendent un bébé ; eux semblent avoir surmonté ainsi cette disparition alors que Shun reste traumatisé, obsédé par la perte de son frère jumeau ; même son amie d’enfance Yu n’arrive pas à le sortir de cet état. Il viendra pourtant à la fête de Basora en l’honneur du Dieu Jizo.

C’est un film contemplation, un film intimiste où la lenteur correspond aux sentiments des personnages pour qui seul le temps qui passe est un remède à leur douleur. Avec pudeur mais avec intensité Naomi Kawase nous dit le désarroi de chacun. Devant le portrait de Kei que vient d’achever Shun, le père, calligraphe, essaie d’exprimer ses sentiments en calligraphiant les deux mots ” ombre et lumière “. La vie est ainsi faite d’ombre et lumière, de mort et de vie. Naomi Kawase le fait comprendre avec les deux courses qui encadrent le film. La première se termine avec la mort de Kei. Dans la seconde , Shun court pour aller vers sa mère prête à accoucher.

Yu  pendant la fête de Basora

Si Naomi Kawase se penche sur ce qui est l’élément central de l’identité japonaise , la famille (refuge et protection), elle nous parle aussi de la communauté du village, avec cette fête de Basora. Le père de Shun en est l’animateur principal, un animateur qui tient à ce que chacun y participe : la fête doit être l’occasion pour tous de sortir de soi et de donner le meilleur de lui-même. Les danseurs dans leurs costumes éclatants se déhanchent en hurlant, applaudis par la foule, et la pluie torrentielle ne les arrête pas ; c’est comme une bénédiction du ciel. ” Le ciel me fascine et me fait peur . J’aime le filmer après la pluie parce qu’il porte la promesse d’un changement ” dit la réalisatrice.

A voir ce film on comprend que pour elle, l’homme ne fait qu’un tout avec l’univers ; elle glisse dans son film un chat, un papillon, une très jolie fleur, le magnifique jardin de la mère de Shun qui ” soigne ses fleurs comme ses enfants ” et qui, avec la même attention porte souvent la main sur son ventre comme pour soutenir le futur bébé. C’est autour des siens qu’elle lui donnera naissance dans une très belle séquence : le mari, Shun, Yu et sa mère l’assistent de leur amour et la joie est sur tous les visages. Sans doute est-ce une manière pour Naomi Kawase d’exorciser sa douleur d’avoir été un bébé indésirable que le père a vite abandonné.

Ode à la famille, ode à la nature, ” Shara ” est un film dont on sort apaisé, rempli d’une espèce de bonheur tranquille.

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