Déc 112017
 

La vaisselle Kutani (九谷焼 Kutani-yaki) est une vaisselle en porcelaine d’origine de Kutani, maintenant  Yamanaka (山中町 Yamanaka-machi) dans le département de Kaga (加賀市, Kaga-shi), dans l’ancienne province de Kaga (加賀国, Kaga no Kuni), maintenant province de Ishikawa (石川県, Ishikawa ken), dont la capitale est Kanazawa, dans la région de Chûbu (中部地方 Chūbu-chihō).  Elles sont divisées en deux phases: Ko-Kutani (Kutani ancien), du 17ème au début du 18ème siècle, et Saikō-Kutani de la production réactualisé du 19ème siècle.

Ko Kutani

Le terme kutani signifie “neuf vallées”. La première mention date de 1655 à l’époque de Meireki. Selon la tradition, des pierres convenant à la fabrication de la porcelaine ont été trouvées dans les mines Kutani du clan Daishoji. Gotō Saijirō, un membre du clan Maeda, a été envoyé par les ordres de Lord Maeda Toshiharu du domaine de Kaga à Arita dans la province de Hizen pour apprendre à faire de la porcelaine. Il a installé un four dans le village de Kutani. Les seigneurs du domaine de Kaga devinrent de grands mécènes de Kutani. Les porcelaines de cette période sont spécifiquement appelées KoKutani (古九谷) et sont très rares. Les oeuvres Ko-Kutani ont connu une grande popularité durant des décennies après 1655. Les styles de l’ancien Kutani étaient Aote (青手), qui utilisait des couleurs de vert foncé, jaune, bleu foncé et violet, et Iroe (色絵), qui utilisait des couleurs de rouge, vert, violet, bleu foncé et jaune. Arita a également produit un certain nombre de vaisselle dans le style ko-Kutani, ainsi que la porcelaine Kakiemon (柿右衛門).

La production s’est soudainement arrêté en 1730. Les raisons de cette fermeture sont encore discutées. Les théories mises en avant comprennent que l’approvisionnement en pigments nécessaires au vitrage était difficile à trouver ou qu’il y avait des difficultés financières. Une stèle en pierre commémorative dédiée à Gotō a été érigée plus tard près d’un ancien four de Kutani à Kaga.

Saikō-Kutani

En 1804, ou peut-être en 1807, la production a été rétablie avec l’aide de plusieurs kamamoto, ou potiers de production. De nouvelles techniques de peinture de glaçure venant de divers kamamoto ont été utilisées dans le développement de ce qui est devenu connu sous le nom de Kutani-revisité  (谷興九谷 saikō-Kutani). Au 19ème siècle, le style s’est déplacé vers un design plus rouge appelé aka-e (赤絵), qui comporte des conceptions complexes. La technique de l’or est appelée kinran-de (金襴手), et la combinaison est devenue aka-e kinran-de (赤絵金襴手) Kutani.

L’une des premières expositions importantes à l’étranger a eu lieu en 1873 à l’Exposition universelle de Vienne, où le kinran-de a été exposé. Cela a contribué à étendre sa popularité et a contribué à la croissance des exportations vers l’Europe. Le style de production de Kutani a été désigné comme un métier traditionnel en 1975. Il y a maintenant plusieurs centaines d’entreprises qui produisent des articles Kutani.

Aujourd’hui, de nombreux artistes se trouvent à Komatsu, Ishikawa et Terai. Les artistes connus sont Tatsuya Mitsui, Buzan Fukushima (qui se spécialise en aka-e), Takayama Kazuo (né en 1947) et Akaji Ken (né en 1938) qui travaillent dans le style traditionnel, et Tojiro et Fujio Kitade qui travaillent dans le mouvement moderne. Tokuda Yasokichi III (1933-2009) a été désigné trésor national vivant pour son travail d’émail à ao-de ko-kutani. Yoshida Minori (né en 1932) est un maître de troisième génération qui se spécialise dans la technique du yûri-kinsai et a également été désigné Trésor national vivant. Asakura Isokichi II (1913-1998) était également renommé et a reçu l’Ordre de la Culture en 1996.

Mis à part la vaisselle traditionnelle tels que le chawan, les artistes Kutani se sont diversifiés ces derniers temps pour produire des articles tels que des basquettes en porcelaine aux couleurs vives et des accessoires tels que des clés USB.

Caractéristiques

Le style Kutani est marqué par des couleurs sombres vives qui incarnent une esthétique somptueuse. On pense que les hivers longs, rigoureux et gris de la région de Hokuriku ont incité les gens qui vivaient là-bas à vouloir que les céramiques affichent des couleurs fortes et audacieuses. Le style classique à cinq couleurs est connu sous le nom de gosai-de (五彩手) qui comprend le vert, le bleu, le jaune, le violet et le rouge. Les dessins sont audacieux et représentent normalement des paysages, la beauté de la nature et les gens, et couvrent la plus grande partie de la surface de chaque pièce.

Six techniques de sur-glaçage différentes dominent la forme révisée de Kutani:

  • Style Mokubei, influencé par les techniques de peinture à l’encre de Chine.
  • Style Yoshidaya, marqué par les couleurs vert, jaune, violet et bleu foncé comme base.
  • Le style Eiraku, qui contraste avec le style Yoshidaya, avec ses revêtements simplistes d’or sur la première couche de couleur rouge.
  • Le style Iidaya, ou  Hachirode, qui rompt avec le style classique de Kutani sur le thème de la nature, avec de minuscules peintures de figures humaines sur un fond rouge-or aka-e kinran-de.
  • Le style Shoza, un mélange des quatre techniques de glaçage.

Dans un processus de production normal, l’artisan reçoit une pièce en céramique blanche. L’artisan peindra un motif fin appelé komon (小紋), qui est également présent sur les kimono. Les contours sont peints avec du saffre, constitué d’oxyde de cobalt. Le récipient est ensuite cuit dans le four, ce qui fait noircir le saffre. Il faut environ sept heures pour terminer. La surface est ensuite recouverte à intervalles réguliers. Pour les motifs et la décoration, par exemple, les cinq couleurs appelées gosai-de faites d’émail vitreux sont peintes sur la pièce avec des traits épais, rendant la pièce entière plus tridimensionnelle à la fin. Le rapport utilisé dans chaque glaçure détermine les tons spécifiques des couleurs. La pièce est ensuite renvoyé dans le four à 800° Celsius. La réaction chimique due à la chaleur transforme le pigment en des couleurs translucides souhaitées par l’artisan. La peinture se transforme en un verre transparent et la design fin komon donne sa profondeur.

Calligraphie

Une caractéristique unique de la vaisselle Kutani est l’application de la calligraphie fine appelée saiji (細字), qui est de taille miniature. On considère que le fondateur de cet art est Oda Seizan (小田清山), qui fut le premier pionnier de cette forme au début de l’ère Meiji. Il a écrit des poèmes chinois classiques à l’intérieur de tasses de thé et de saké avec les pinceaux les plus minces. En 1900, il a également commencé à écrire en caractères japonais. Parmi ses réalisations figurent l’écriture de tous les poèmes de l’Ogura Hyakunin Isshu à l’intérieur d’une coupe de style occidental de trois centimètres de diamètre et de 500 poèmes waka de l’empereur Meiji à l’intérieur d’une tasse de thé japonaise. Son gendre, Tamura Kinsei, a continué le métier et l’a transmis à son petit-fils, Tamura Keisei 星敬星 (né en 1949), qui continue l’art. Il écrit la calligraphie également à l’extérieur de pièces tels que les brûleurs d’encens. En 2005, il a été désigné comme bien culturel immatériel par le gouvernement de la préfecture d’Ishikawa.

sources:

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