
Paris a renoué avec l’un des sports les plus emblématiques du Japon. Plus de trente ans après la dernière grande venue du sumo professionnel en France, l’Accor Arena a accueilli, les 13 et 14 juin 2026, un Tournoi de Paris très attendu. Pendant deux jours, la salle de Bercy s’est transformée en véritable arène japonaise, entre cérémonial ancestral, combats spectaculaires et ferveur populaire. Au terme du week-end, c’est le Japonais Kotozakura, ōzeki de la prestigieuse écurie Sadogatake, qui s’est imposé en grande finale face au Mongol Hoshoryu.
L’événement avait une portée particulière. Organisé dans le cadre du centenaire de la Japan Sumo Association, il marquait le retour en France d’une discipline rarement présentée hors du Japon dans un format aussi ambitieux. Selon les chiffres communiqués à l’issue du tournoi, environ 25 000 spectateurs ont assisté aux deux journées, venues applaudir 62 lutteurs parmi les meilleurs du monde. Pour beaucoup, il s’agissait d’une première rencontre avec le sumo professionnel ; pour d’autres, d’un retour chargé de souvenirs, la France ayant déjà accueilli de grandes démonstrations de sumo par le passé.
Le tournoi ne se limitait pas à une succession de combats. L’ensemble du week-end a été pensé comme une immersion dans l’univers du sumo. Avant même les affrontements, le public a pu découvrir les tambours d’annonce yose-daiko, le chant traditionnel sumo jinku, les démonstrations humoristiques de règles et de techniques appelées shokkiri, ainsi que les cérémonies d’entrée des lutteurs sur le dohyō. Les spectateurs ont également assisté au tsunashime, la cérémonie de nouage de la ceinture du yokozuna, organisée le samedi avec Hoshoryu et le dimanche avec Onosato.
Sur le plan sportif, chaque journée suivait une progression en plusieurs tours. Le samedi comme le dimanche, les combats ont commencé après les cérémonies et les démonstrations, avec un premier tour de dix combats, puis un deuxième tour, des reprises successives, un quatrième tour, des demi-finales et une finale quotidienne. Le vainqueur du samedi devait ensuite affronter le vainqueur du dimanche dans une grande finale, pensée comme l’apothéose du week-end. Cette formule a donné au public parisien une lecture claire de la compétition, tout en conservant la densité et la tension propres aux tournois de sumo.
Parmi les grands noms attendus figuraient notamment Hoshoryu et Onosato, les deux yokozuna, mais aussi les ōzeki Kotozakura, Kirishima et Aonishiki. D’autres lutteurs de premier plan, issus de la division makuuchi, composaient l’affiche : Wakatakakage, Takayasu, Atamifuji, Kotoshoho, Daieisho, Oho, Hiradoumi, Wakamotoharu, Ura, Abi ou encore Tamawashi faisaient partie des rikishi susceptibles d’attirer l’attention des connaisseurs. Ce plateau donnait à l’événement une densité rare pour une compétition organisée hors du Japon.
Dans ce contexte exceptionnel, Kotozakura a su imposer sa présence. Vainqueur du tournoi du samedi, il a obtenu son billet pour la grande finale du dimanche. Face à Hoshoryu, vainqueur de la deuxième journée, l’ōzeki japonais a livré l’un des combats les plus marquants du week-end. Environ seize secondes : une durée qui peut sembler courte pour un spectateur non initié, mais qui est déjà longue dans un sport où de nombreux affrontements se règlent en quelques instants. Ce combat a résumé les qualités de Kotozakura : stabilité, puissance, patience et capacité à faire céder l’adversaire au corps-à-corps.
Kotozakura, de son vrai nom Masakatsu Kamatani, est né le 19 novembre 1997 dans la préfecture de Chiba. Il appartient à l’écurie Sadogatake, l’une des maisons importantes du sumo professionnel. Avant de porter le nom de Kotozakura, il a combattu sous les shikona Kotokamatani puis Kotonowaka. Son nom actuel possède une forte dimension symbolique, car il renvoie à une lignée prestigieuse du sumo. Dans cette discipline, le nom de combat n’est jamais anodin : il inscrit le lutteur dans une histoire, une école et une forme d’héritage.
Physiquement, Kotozakura présente le profil d’un lutteur puissant et complet. Il mesure 1,89 mètre pour environ 178 kilos. Son sumo repose principalement sur le migi-yotsu, une prise préférentielle avec la main droite à l’intérieur, mais aussi sur le yori, c’est-à-dire la pression exercée pour faire sortir l’adversaire, et sur l’oshi, le sumo de poussée. Cette combinaison lui permet d’être dangereux dans plusieurs registres : il peut verrouiller un adversaire à la ceinture, mais aussi l’attaquer frontalement par la poussée.
Son parcours professionnel commence en novembre 2015. Dès janvier 2016, il remporte le championnat de la division jonokuchi avec un parfait 7-0, signe d’un potentiel rapidement confirmé. Il atteint la division juryo en juillet 2019, puis la division makuuchi en mars 2020. Son entrée dans les rangs sanyaku intervient en janvier 2023, lorsqu’il devient komusubi. Après plusieurs performances solides, il est promu ōzeki en mars 2024, le deuxième plus haut rang du sumo professionnel, juste derrière yokozuna.
Le rang d’ōzeki est essentiel pour comprendre son statut. Il ne s’agit pas seulement d’un classement élevé : c’est une position d’élite, qui exige une régularité constante. Un ōzeki doit produire des résultats positifs tournoi après tournoi pour conserver son rang. Kotozakura appartient donc au cercle très fermé des lutteurs capables de rivaliser durablement avec les meilleurs. Son niveau le place parmi les figures majeures du sumo contemporain, même si son parcours récent montre aussi les difficultés d’un rang où chaque contre-performance est immédiatement scrutée.
Son palmarès est déjà solide. Kotozakura compte un titre en première division makuuchi, remporté en novembre 2024 avec un remarquable bilan de 14 victoires pour une seule défaite. Il a également décroché plusieurs distinctions spéciales : cinq prix de combativité et un prix de technique. Ces récompenses soulignent un profil apprécié autant pour son engagement que pour sa capacité à proposer un sumo efficace et construit.
Ses dernières compétitions sur le sol japonais montrent un lutteur expérimenté, parfois irrégulier, mais toujours présent au plus haut niveau. Après son grand titre de novembre 2024, il connaît un tournoi difficile en janvier 2025 avec un bilan négatif de 5-10. Il se reprend ensuite en enchaînant plusieurs kachi-koshi, c’est-à-dire des bilans positifs : 8-7 en mars 2025, 8-7 en mai, 8-7 en juillet, puis 9-5-1 en septembre. En novembre 2025, il termine encore à 8-7. En janvier 2026, il obtient de nouveau un 8-7, avant un meilleur résultat en mars 2026 avec 10 victoires pour 5 défaites. Le tournoi de mai 2026 est en revanche plus compliqué : il finit à 3-9-3, après un retrait partiel lié à des difficultés physiques.
C’est justement ce contraste qui rend sa victoire parisienne intéressante. Kotozakura n’arrivait pas à Paris comme un simple favori théorique ; il venait aussi avec le besoin de rappeler son niveau réel après des résultats contrastés au Japon. En s’imposant à Bercy, il a montré qu’il restait l’un des grands noms du sumo actuel, capable de répondre présent dans un événement très exposé, devant un public international et dans un cadre inhabituel.
La récompense promise au vainqueur a ajouté une note insolite à l’événement : Kotozakura est reparti avec un grand trophée et un bœuf wagyu entier offert par l’un des sponsors. Ce type de prix peut surprendre le public français, mais il s’inscrit dans une tradition du sumo où les récompenses prennent souvent des formes concrètes, symboliques et parfois spectaculaires.
Au-delà du résultat, ce Tournoi de Paris a rappelé que le sumo n’est pas seulement un sport de combat. C’est un patrimoine vivant, où l’affrontement physique se mêle à la discipline, au rituel et à la transmission. Le lancer de sel, les postures d’intimidation, les frappes de mains, l’entrée solennelle des lutteurs, les arbitres en tenue traditionnelle et la cérémonie de l’arc forment un langage que le public parisien a pu découvrir dans toute sa richesse.
La France entretient depuis longtemps un lien particulier avec le sumo, notamment grâce à l’intérêt que lui portait Jacques Chirac, passionné de culture japonaise et grand amateur de cette discipline. Le retour du sumo à Paris prolonge cette histoire singulière entre la France et le Japon. En réunissant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, le tournoi a confirmé que le sumo pouvait fasciner bien au-delà de son pays d’origine.
En s’imposant à l’Accor Arena, Kotozakura inscrit donc son nom dans une page particulière de l’histoire du sumo en France. Sa victoire conclut un week-end spectaculaire, mais elle raconte aussi autre chose : la capacité d’un sport millénaire à voyager, à transmettre ses codes et à séduire un public nouveau sans perdre son identité. À Paris, Kotozakura n’a pas seulement gagné un tournoi. Il a incarné la force tranquille d’un ōzeki, la profondeur d’une tradition japonaise et le retour triomphal du sumo sur la scène française.
Tournoi de Paris de sumo 2026 : tableau des principaux résultats connus
Le Tournoi de Paris de sumo 2026, organisé à l’Accor Arena les 13 et 14 juin, a vu Kotozakura s’imposer au classement général après sa victoire en grande finale face à Hoshoryu. Voici le récapitulatif des principales rencontres dont les résultats ont été confirmés.
| Jour | Phase | Vainqueur | Perdant | Technique / résultat | Remarque |
|---|---|---|---|---|---|
| 13 juin 2026 | Quart de finale | Kotozakura | Chiyoshoma | Oshidashi | Kotozakura poursuit son parcours victorieux lors de la première journée. |
| 13 juin 2026 | Demi-finale | Kotozakura | Abi | Hikiotoshi | Kotozakura se qualifie pour la finale du jour 1. |
| 13 juin 2026 | Demi-finale | Kirishima | Hoshoryu | Yorikiri | Hoshoryu est éliminé en demi-finale de la première journée. |
| 13 juin 2026 | 3e tour | Wakamotoharu | Onosato | Uwatenage | Onosato est éliminé au troisième tour. |
| 13 juin 2026 | Finale du jour 1 | Kotozakura | Kirishima | Yorikiri | Kotozakura remporte le tournoi du samedi. |
| 14 juin 2026 | Finale du jour 2 | Hoshoryu | Takayasu | Non précisé | Hoshoryu remporte le tournoi du dimanche. |
| 14 juin 2026 | Grande finale | Kotozakura | Hoshoryu | Non précisé | Kotozakura devient vainqueur général du Tournoi de Paris 2026. |
Résumé par participant
| Rikishi | Résultat connu |
|---|---|
| Kotozakura | Vainqueur du jour 1, puis vainqueur général après sa victoire contre Hoshoryu. |
| Hoshoryu | Demi-finaliste le samedi, vainqueur du dimanche, puis finaliste de la grande finale. |
| Kirishima | Finaliste du jour 1, battu par Kotozakura. |
| Takayasu | Finaliste du jour 2, battu par Hoshoryu. |
| Abi | Demi-finaliste du jour 1, battu par Kotozakura. |
| Chiyoshoma | Battu par Kotozakura en quart de finale du jour 1. |
| Onosato | Éliminé au troisième tour du jour 1 par Wakamotoharu. |
| Wakamotoharu | A battu Onosato au troisième tour du jour 1. |
Note : ce tableau reprend les résultats publiquement confirmés. Le détail complet de tous les combats du tournoi
n’a pas été retrouvé dans les sources consultées.
(article rédigé avec l’aide de chatGPT)
Les kanji de l’image:
Cela se lit souvent nin ou shinobi. C’est le caractère associé au ninja, à la furtivité, à l’endurance ou à la persévérance.
Cela veut dire victoire certaine, victoire assurée ou il faut gagner. C’est une expression d’encouragement typique, comme “on va gagner !”.
Dans un contexte de sumo, cela désigne le côté opposé à la face principale de l’arène, souvent traduit par côté opposé, face opposée ou côté arrière du dohyō.
Cela se lit yokozuna. C’est le rang suprême dans le sumo, le plus haut grade de lutteur.