Juin 302007
 

stage goju
prologue

Vendredi, je quitte le boulot et me lance dans les embouteillages alsaciens pour rejoindre Metz.

J’ai un peu mal à la gueule… ça fait plusieurs nuit que je dors au maximum 4 heures.
Je suis accompagné de synthol (du club de Nihon Tai Jitsu de Metz) et de mon ami et uke Sandy (lui aussi du nihon tai jitsu mais d’un autre club).

On décolle… autoroute A31 jusque Toul, puis N4 par Saint Dizier, Vitry Le François, Sézanne, Esternay, …
Je transporte dans mon coffre une précieuse cargaison.
On arrive dans le 13 arrondissement un peu avant 9h. Petit tour jusqu’au stage Charletty pour trouver un café afin de petit déjeuner.

A notre grande déception tous les café du coin sont fermés (mais c’est quoi cette ville pourri où y a pas moyen de prendre son petit déj le matin?).

On se rabattra sur une boulangerie (c’était ça où la pharmacie).
Plus tard nous rejoindra sous la pluie Jean Jugeau (5e dan de NTJ, brevet d’état, un grand technicien et un très bon pédagogue, professeur du club de Saint-Pathus où je m’entrainais et directeur technique national) qui eut vent de ce stage et a décidé de finir la saison sportive 2006/2007 sur une note d’exotisme okinawaïen.
Un peu après arrive Mr et Mme Hanchindi. Salutations chaleureuses de rigueur et présentations.
Je lui transmets la précieuse marchandise que je conserve chez moi depuis une semaine.
MISSION ACCOMPLIE! YAIIIIIIISSSSSSSSSSSSSSSSSSSSEEEEEEEEEE! Soulagé!
Ensuite arrivera pekker dans sa rutilante Subaru (“vaut mieux une surbaru” (copyright Hanchindi)), puis Montaigne.
Nous attendons un agent de la mairie afin d’ouvrir le centre de la poterne des peupliers.
Nous nous changeons et allons dans la salle d’entrainement, un salle de danse avec des miroirs (très pratique pour corriger ses positions).

Le stage le matin

Nous commençons un échauffement articulaire et musculaire très complet et bien que sommaire, très éprouvant physiquement.

Genoux, chevilles, hanches, doigts de pied, épaules, colonne vertébrale, nuque et les yeux (c’est important de travailler les muscles des yeux) puis travail de l’articulation scapulo-fibullaire (copyright Hanchindi).

A la fin de l’échauffement je suis déjà en nage (et je ne suis pas le seul).
Pierre nous rejoindra pour participer au stage.

Le sujet du stage est: application des katas gekisai (ichi et ni) au combat.
La partie du matin sera le travail des coups de pieds.
Dans le katas, il n’y a que deux mae-geri, et pourtant le katas révèle de nombreuses attaques de jambe.
Tout d’abord travail de la position de base du kata: sanchin.
On travaille par deux avec action du partenaire qui freine l’avancé. Ce qui permet de travailler en un bloc.
On se déplace avec tout le corps. Le tips: il suffit de descendre un peu et de sangler la ceinture abdominale. Ainsi on se déplace avec tout le corps en un bloc et ainsi on peut pousser le partenaire qui nous empêche d’avancer.

Hanchindi nous explique que contrairement aux styles de karate japonais Yamatûn’karate (shôtôkan, shôtôkai, wado ryu, shito ryu)  le goju ryu a pour but de rentrer dans l’adversaire et d’enchainer les attaques en appuyant les coups comme on le retrouve dans les karate okinawaien (Uchinân’karate).

apparté: je vous renvoie à l’interview de Hanchindi donnée pour le site “lebujutsu.net”:
http://okinawa.gojuryu.free.fr/interview.html
Je voudrais revenir sur le terme de “traditionnel” pour le karaté d’Okinawa. La tradition du karaté d’Okinawa n’est pas forcément la même que celle du karaté au Japon.

Pour séparer les deux pratiques, à Okinawa, il existe deux façons de dire ou plutôt, de penser:

“Uchinân’karate” pour le karaté d’Okinawa
“Yamatûn’karate” pour le karaté du Japon.

Plus que de simples mots “régionalistes”, ils englobent une réalité culturelle et pratique. Plus encore, pour certains vieux d’Okinawa, dont faisait partie Matayoshi Shinpô sensei. S’ils disaient “karaté” ils pensaient “tûdi”(les caractères chinois de “tûdi” (tôde) pouvant se prononcer “karaté”).

Ainsi, des styles de karaté japonais anciens comme Shôtokan, Wadô-ryû, Shitô-ryû… peuvent revêtir ce terme de yamatun’karate et paradoxalement des styles relativement récent de karaté japonais, Kyokushinkai, Shidô- kan… bien que recevant le terme de Yamatun’karate sont plus proches des pratiques okinawaïennes, mais pourtant, et c’est normal, fortement teintés de culture purement japonaise.

Donc en rentrant en un bloc, on se retrouve pratiquement au corps à corps.
Les mouvements de déplacements de la positions sanchin vu la proximité de l’adversaire peuvent devenir des frappes, voir des balayages.

Hanchindi nous explique que la plupart des karate okinawaiens issus des boxes chinoises du sud de la Chine, sont des styles de combats qui gèrent la distance courte contrairement aux styles japonais comme le shôtôkan, wado, shito, … qui sont plutôt des styles de distance (on peut voir ainsi que les styles de karate comme le kyokushinkai, … sont plus okinawaiens dans l’esprit).

Il nous démontre la différence entre le balayage à la karate japonais et le balayage à l’okinawaienne.
Là-dessus je n’en dirais pas plus… fallait être là! NA!
On travaille donc en position sanchin face au partenaire en rentrant en un bloc et en tentant de le faucher/balayer ou le frapper.

Ensuite on travaille les autres positions du kata shiko dachi et zenkutsu.
Pour zenkutsu le travail sera une attaque arrière en utilisant la pesanteur. Encore une fois c’est tout le corps qui travail. On se laisse aller à l’attraction terrestre pour descendre d’un bloc et lancer la jambe arrière dans un fente avant.

Tout le corps est allé à l’encontre de l’adversaire.
Le principe est un relachement total des muscles pour se laisser aller à la gravité avant de lancer une percussion par contraction.

On le travail donc essentiellement en contre-attaque d’un adversaire surgissant derrière (pour le travailler le principe et non une mise en situation réelle).

Puis arrive la position neko ashi dachi. On la travaille en équilibre avec les divers coup de pieds afin de bien faire bouger les hanches.

Hanchindi insiste sur le travail des doigts de pieds qui doivent accrocher le sol.
De neko ashi dachi on passe à tsuru ashi dachi.
L’application du principe de cette position est travaillée sur un encerclement arrière et avant.
on se laisse aller à la pesanteur et on descend d’un bloc.
Encore une fois Hanchindi insiste bien sur un des principes de base du Goju Ryu : le travail de tout le corps en un bloc!

Le partenaire nous saisi en arrière: on part vers l’avant. Donc sa réaction et donc de retenir vers l’arrière.
Et à ce moment, on se laisse aller à la pesanteur pour peser sur lui vers l’arrière et ensuite descendre d’un bloc en neko ashi dachi (ou tsuru ashi dachi). Ce qui a pour effet de desserer la prise et ainsi de pouvoir enchainer avec des techniques connues (ce qui n’était pas le but du stage)

J’ai retenu une idées très intéressante sur la saisie arrière sur laquelle mon professeur de Saint-Pathus Jean Jugeau a mis le doigt en me faisant la remarque.

En général on a tendance a aller dans le sens de la saisie, alors que là, aller contre le sens pour provoquer une réaction est une idée que l’ont ne pratique pas souvent.
Finalement on finira par un petit sparring lent mais en enchainant les attaques et en appuyant les frappes (faites lentement) pour sentir le fait de mettre la pression sur quelqu’un, de rentrer et d’enchainer continuellement.

la pause de midi

Il sera temps de s’arrêter pour effectuer l’inscription auprès du centre de la poterne des peupliers et d’aller au quartier japonais près de l’opéra afin de manger des ramen ou des yakisoba.

Pierre nous quittera pour aller dans le quartier chinois quelques stations de tram plus bas.
On attendra un petit bout de temps pour trouver une table pour 7 personnes à Higuma un samedi entre midi.
AU Menu Gyoza pour tous, Miso Ramen, shoyu ramen et yakisoba dans l’ensemble avec une petite Asahi pour rester dans le ton.
Au retour, passage à Kioko pour faire le plein de natto (une fois chez moi j’ai essayé d’en manger… mais je n’ai pas pu)

 Le stage l’après-midi

L’après-midi, nous sommes rejoint par jcm et un ami Goju d’Hanchindi: Jean-Paul.
Bref, échauffement un peu plus light que le matin, mais qui met aussi l’accent sur les articulations du corps sollicitées par les mouvements de Goju-Ryu (toujours avec le travail des muscles des yeux).

Ensuite on travail les applications sur les mouvements de bras du katas.

Si on reprend le kata gekisai (ichi ou ni) le premier mouvement est un quart de tour à gauche et un jodan age uke.
ce mouvement deviendra en application une baffe dans l’oreille (fermeture de l’axe et protection des points vitaux) puis percussion en remontant dans le nerf mentonier (jodan age uke)

le mouvement suivant est un gyaku zuki. cela deviendra baffe sur le point E5 ou griffure de la main gauche puis zuki au corps en descendant.

Reprenons le flow:
baffe de la main droite à l’oreille
percussion dans le menton de l’avant bras gauche
griffure de la main gauche encore
coup de poing de la main droite

La suite du kata est la suivante: gedan barai
comme chaque mouvement d’attaque/défense comporte une protection du centre, on aura donc chaque mouvement de bras qui comportera deux mouvements.

Dans le flow:
baffe droite, percussion gauche, griffure gauche, percussion droite, rebaffe droite puis frappe aux partie du poing gauche.

Si on vise les point de pression (kyusho) je retrouve le travaille que Leeroy nous montre à chacun de ses stages (la visée des points dans un enchainement fluide, travail qu’il tient de Hokama tetsuhiro connu pour être un expert dans l’utilisation des points de pression).

Pekker m’avouera retrouver le type de travail spécifique qu’il a connu en american kenpo (ben oui… déjà que les AM chinois viennent d’okinawa, forcément les américains ont aussi tout piqués aux okinawaiens (copyright Hanchindi))

Ensuite il faudra executer l’enchainement de façon la plus fluide possible sans sacade, sans temps mort mais en appuyant  les frappes c’est à dire en faisant travailler tout le corps.

Je retrouve un des principes de NTJ: chaque mouvement de soi doit induire un mouvement chez l’autre, une réaction.
Si je mets une baffe à l’autre, alors sa tête doit bouger, dont il faut pénétrer les frappes.
Hanchindi nous explique que les UCHI et les UKE sont une nomenclature japonaise. A okinawa les techniques de frappe et blocage portent toute le même nom : “KO” (je ne donnerai pas l’explication… fallait être là!)

Puis qu’une parade haute (jodan age uke) peut devenir une attaque haute mais aussi une attaque basse en remontant. Donc il est inconcevable d’appeler le même mouvement par des noms différents.

mawashi geri est un coup de pied circulaire, qu’on le donne avec le koshi, le talon, la pointe, le bol, en forme tsuru, … ça reste un mawashi geri.

Donc pourquoi donner des noms différents?
Tous les noms différents ne sont issus que de la nomenclature japonaise. A okinawa, on s’emmerde moins avec la masturbation verbale (d’après ce que j’ai compris), c’est “ko”.

Ensuite on travail les autres techniques de bras des parades medium et des parades hautes.
Toujours avec pour principe l’utilisation de la gravité et en utilisant le corps d’un bloc et en verrouillant les chaines articulaires (établir les connexions pour johnny).

Je travaille avec Jean-Paul. Pour la petite explication physique, il mesure une 20aine de cm de moins que moi et quelques dizaines de kilo en moins. Mais c’est un bloc de pierre.

Malgré mon poid et ma puissance quand il frappe, et verrouille la frappe, je suis incapable de dévier son bras en utilisant les techniques circulaire de blocage que l’on apprend dans les karate issu du shurite et tomarite (shoto uke, uchi uke).

Je n’ai pas encore intégré ce principe du Goju. Ca demande un accent spécifique à mettre dessus et un travail particulier.

Puis vient le moment du coup de coude. On travail dans cet exercice le fait de mettre la pression et de relacher.
Je travaille avec jcm. Je lui donne un coup de coude il bloque le coup avec son avant bras, puis je relache la pression pour passer le bras qui bloque et toucher la tête.

C’est le mettre mot de ce travail : pression puis relachement.
jcm m’a beaucoup impressionné, il dégage un certaine puissance dans ses coups qu’il ne semble pas porter fort.
J’ai eu beaucoup de plaisir à le rencontrer et travailler avec. Il a une forme de corps très déconcertante.
Le dernier travail technique est un travail où l’on vient enrouler la tête du partenaire et le déséquilibrer en arrière.

Encore une fois, Hanchindi nous donne quelques petits coups vicieux. Lors d’une saisie du bras qui donne un coup de poing, on saisit au niveau du triceps qui est relaché pour “choper la bidoche” et bien l’écraser.

Puis coup de coude qui permet de déséquilibrer l’adversaire vers l’arrière, le bras effectuant un cercle vers l’arrière pour continuer le déséquilibre et encercler la tête.

Je n’ai malheureusement pas retenu le travail du double mawashi uke.
Viendra le moment d’un petit sparring lent. Le but de ce travail est technique.
Il s’agit de faire un combat souple ET lent et d’enchainer les attaques de jambes et de bras vu lors de ce stage en utilisant tout le corps et en débordant le partenaire pour lui donner l’effet d’être dans une machine à laver.

(j’ai pas eu de partenaire pour ce travail… ouiiiiiiiiiiiiin!)
On finira par se changer et profiter de la présence d’Hanchindi et des livres pour se faire dédicacer son ouvrage.

A la fin du stage nous auront le plaisir d’acheter et nous faire dédicacer le nouveau livre sur le karate d’okinawa et les racines du Fujian.

stage goju
Épilogue

On repartira rapidement vers les contrées froides et sauvages de l’est.
On sera bloqué sur le périf par un embouteillage et ce jusqu’à la sortie vers la A4.
il paraitrait que le 30 juin aurait été le jour de la gay-pride.
Pas étonnant qu’il y ait autant de bouchons.
Puis nous essuiront un bouchons à l’embranchement A4/A86
On arrivera à Metz vers 22h30. J’arriverais à Strasbourg après 1h du matin.
Finalement je me lèverais à 7h et être au travail à 7h40.
Ben ouais  je bosse ce dimanche! colere
Et tôt en plus!
Et pour rien en plus plus!
Et j’ai moisi ma voiture!
2 gaillards de 100kg sortant d’entrainement dans une voiture pendant 3h + la vingtaine de natto ayant décongelés et dont l’odeur de putréfaction se répend insidieusement dans le véhicule… je vous raconte pas le bonheur!

Conclusion

si je devais retenir plusieurs chose de ce stage ça serait:
– travail du relachement sur les coups portés sur les balayages/fauchages pour continuer l’action de pression.
– utilisation de tout le corps en un bloc et de la gravité
– enchainement fluide pour déborder l’adversaire
Ce fut un stage très enrichissant martialement et humainement.
J’ai eu la surprise et la joie de voir mon professeur de NTJ venir.
J’ai eu le plaisir de revoir Montaigne et pekker et de faire la connaissance avec Pierre et jcm.
Et comme toujours, Hanchindi démontre plus qu’il ne montre, le tout dans la grande pédagogie qui le caractérise et son sens de l’humour.
J’attends déjà le prochain stage.

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