Avr 232009
 

Abstract: Une brêve comparaison entre les styles de karate shôtôkan et Uechi-ryû considérant les création des fondateurs.

Deux styles d’arts-martiaux importants qui émergent depuis la dernière centaine d’années sont le karate japonais shôtôkan et le karate Uechi-ryû okinawaien. Ce document est une tentative de comparer les similarités et les différences trouvées dans ces deux styles du point de vue des fondateurs (on parlera donc du shôtôkan de Gichin Funakoshi et non de ce que le style est devenu par la suite… d’où le nom de shôtôkan traditionnel, de la tradition de Funakoshi).


Kanei Uechi (Uechi-ryû)

Karate japonais Shôtôkan

On accorde le crédit à Gichin Funakoshi, fondateur du shôtôkan, l’introductiondu karate à une grande échelle au japonais durant le début du vingtième siècle. La tradition veut qu’il soit un style venant d’un mélange entre le shuri-te et le tomarite étudié par Funakoshi dans son Okinawa natale. Le style qu’il a développé à partir de cela a cassé la tradition okinawaienne de mouvements “souple-dur” et s’est penché vers les mouvements et les positions dures. Cette variante était très populaire parmi les pratiquants d’arts-martiaux japonais et a contribué à l’immense succès de l’établissement du style au Japon.

Funakoshi a enseigné le karate au Japon de 1922 jusque dans les années 1940. Ses élèves ont appris les 15 katas originaux du style avec une précision absolu, compte tenu de l’obligation par sensei Funakoshi d’étudier chaque kata pendant 3 ans avant de passer au suivant. Funakoshi a centré son enseignement sur les kata et les mouvements de base (kihon) en évitant l’entrainement au combat. Il pensait que, avec une pratique suffisante, un élève pouvait utiliser les mouvement des kata pour se défendre de n’importe quelle situation. Ses propres élèves introduirent plus tard la pratique du combat (kumite) dans l’entrainement du shôtôkan.

Les dojos de shôtôkan modernes entrainent les élèves dans trois zones: kata, kumite et kihon. Une fois que les mouvements de base du kihon ont été perfectionnés, leur incorporation dans les formes, ou kata est une progression logique. Les mouvements étudiés durant la phase de kihon incluent les frappes, coups de poing, position et coups de pied. Il doit être noté que l’accent est mis sur les coups de poing plutôt que sur les coups de pied dans ce style. Bien qu’étant une partie de l’entrainement d’une majorité de dojo, les kumite sont toujours traditionnellement ‘sans contact’, ce qui signifie que les coups ne doivent pas faire de contact avec l’adversaire, jusqu’à ce que l’élève passe au stade d’instructeur.


Zenkutsu dachi (shôtôkan)

Armes en Shôtôkan

Une note importante sur le travail aux armes, bien que des écoles non traditionnelles de shôtôkan enseigne l’utilisation des armes à leurs élèves (kobudo), les puristes dans le style rejètent le besoin d’armes si l’élève devient suffisament bon dans les techniques de main vide.
 
Mouvements dans le Shôtôkan

A l’intèrieur des kata se trouvent des mouvements qui répètent les mouvements de l’authentique style dur du shôtôkan. Bien que ceux qui atteignent la ceinture marron ou noire développent des mouvement fort et gracieux, cela requiert des compétences considérables et est une grosse somme de travail.

Les position en shôtôkan (dachi) sont profondes, basses et stables, permettant au pratiquant de parer les coups d’un adversaire.
Il y a 14 positions de base, s’échelonnant du très écarté et bas Fudo Dachi au gracieux Neko Ashi Dachi, ou position de la patte de chat. Voici les noms des positions utilisées en karate japonais shôtôkan:
 
1.Kokutsu Dachi (Position arrière) Neko Ashi Dachi (Position de la patte de chat)
2.Uchi Hachiji Dachi (Position de la jambe ouverte inversée) Heiko Dachi (position parallèle)
3.Zenkutsu Dachi (Position avant) Fudo/Sochin Dachi (Position enracinée)
4.Hachiji Dachi (Position jambe ouverte) Hangetsu Dachi (Position demi-lune)
5.Heisoku Dachi (Position d’attention simple) Kiba Dachi position des jambes à cheval)
6.Kosa Dachi (Cross Leg Stance) Musubi Dachi (position simple avec les doigts de pieds orienté à l’extérieur)
7.Renoji Dachi (Position en “L”) Sanchin Dachi (Position du sablier)


Kiba dachi (shôtôkan)

Kata de Shôtôkan
 
1. Heian Shodan
2. Heian Nidan
3. Heian Sandan
4. Heian Yondan
5. Heian Godan
6. Tekki Shodan
7. Tekki Nidan
8. Tekki Sandan
9. Bassai Dai
10. Bassai Sho
11. Kanku Dai
12. Kanku Sho
13. Jion 14. Jitte
15. Enpi
16. Gankaku
17. Hangetsu
18. Sochin
19. Nijushiho
20. Meikyo
21. Ji’in
22. Chinte
23. Unsu
24. Wankan
25. Gojushiho Dai
26. Gojushiho Sho
 
Philosophie du shôtôkan

Une unique qualité du shôtôkan par dessus toutes les autres styles “dures” de karate est que les tournois de compétition ne sont pas encouragés dans un dojo traditionnel. Les école de shôtôkan à travers le monde, toutefois, on commencé à faire des compétitions régulièrement et donc ce principe essentiel risque de ne pas survivre. Sensei Funakoshi croyait que l’étude des arts eux-même jusqu’à la perfection était le but, et pas la capacité à se défendre de quelqu’un. La pratique du shôtôkan nécessite plus d’investissement en temps que la plupart des autres arts-martiaux, à cause de l’accent porté sur la perfection du mouvement.

Il y a toujours un accent global dans les dojos de shôtôkan traditionnels sur les accomplissements de la force de caractère et la paix de l’esprit, suivant les écrits originels de Funakoshi. Son ‘niju kun’ ou ‘vingt règles’ sont les bases des préceptes suivit par les élèves du shôtôkan aujourd’hui, autant que la fondation de l’ensemble de sa philosophie. Ci-dessous sont les régles par lesquelles Maitre Funakoshi croyait que tout karateka devait vivre:

1. Le karate-do commence et finit par un rei (courtoisie)
2. Il n’y a pas de première attaque en karate
3. Le Karate se tient du côté de la justice
4. Connaissez vous vous-même d’abord, ensuite connaissez les autres
5. Le mental sur la technique
6. L’esprit doit être libéré
7. Les calamités jaillissent de la négligence
8. Le Karate va au-delà du dôjô (école)
9. Le Karate est une activité de toute une vie
10. Appliquez la voie du karate sur toute chose. Là repose sa beauté.
11. Le karate est comme de l’eau bouillante; sans chaleur, elle redevient tiède
12. Ne pensez pas à gagner. Pensez, plutôt, à ne pas perdre
13. Faites des ajustement en fonction de votre adversaire
14. Les résultats d’une bataille dépendent de comment on gère le vide et la pleinitude (faiblesse et force)
15. Pensez aux pieds et poings de votre adversaire comme des épées
16. Lorsque vous faites un pas en dehors de votre porte, vous vous retrouvez face à face à des millions d’ennemis
17. Kamae (position) est pour les débutants; plus tard, on se tient en shizentai (position naturelle du corps)
18. Faire les katas (formes) exactement; Le combat réel est un autre sujet
19. Ne pas oublier d’employer le retrait de la force, l’extension ou la contraction du corps, la rapide ou tranquille application de la technique
20. Soyez constamment attentif, appliqué et ingénieux dans votre poursuite de la voie

Karate okinawaien Uechi-ryû


Kanei Uechi (Uechi-ryû)

Pour continuer notre comparaison, nous devons maintenant discuter des différences entre shôtôkan et Uechi-ryû okinawaien.
 
Bien que Kanbun n’a jamais nommé le système qu’il a appris en Chine, il a décrit le système comme “Pangainoon-Ryu Karate-Jutsu” (Technique de la main de Chine style mi dur, mi souple; plus tard en 1940 il renomma son système “Uechi-ryû karate jutsu”. Alors que Gichin Funakoshi voyageait au Japon pour enseigner son école à une grande échelle, Uechi voyogea en Chine pour reçevoir un entrainement formateur en arts martiaux par Shushiwa, et il ouvrit son premier dojo dans la province du Fukien (Fujian).

Lorsque Kanbun Uechi revint à Okinawa, il n’enseigna pas pour de nombreuses années, mais lorsqu’il résida sur l’île principale du Japon (Honshu) il consentit à enseigner de nouveau.
Il ouvrit son premier dojo au Japon (Wakayama) en 1927.

Son fils, Kanei, étudia dans le dojo  japonais de son père et pris la suite selon le système patriarchal après la mort de son père.

Kata Utilisés dans l’entrainement d’Uechi-ryû

Les entrainements en Uechi-ryû sont basés sur les mouvements de trois animaux: Tigre, grue blanche et Dragon (certains prétendent qu’il s’agit de sept animaux: Tigre, Grue, Dragon, Mante religieuse, Léopard, Serpent et Cobra).

Ces premières formes venant de Chine sont Sanchin, Seisan et Sanseiryu. Cinq kata additionnels ont été développés après 1931 par son fils Kanei, et d’autres; il y a Kanshiwa, Kanshu, Seichin, Seiryu, Kanchin entre autre.

Les dojos traditionnels suivent la méthode de pratiquer Sanchin pour aider à développer la condition physique de l’élève. Des techniques d’entrainement traditionnel en Uechi-ryû incluent aussi des séries d’échauffement et d’exercices de stretching appelée “junbi undo” et une série d’exercices pour parfaire les mouvements individuels des kata appelés “hojo undo”. Les élèves, en plus, sont impliqués dans une progression graduelle du renforcement du corps.

Armes du karate Uechi-Ryu

Comme le shôtôkan, l’art original Uechi-ryû ne contenait pas d’entrainement aux armes comme partie du curriculum. Certaines écoles modernes, toutefois, ont incorporé le kobudo (entrainement aux armes) dans leur enseignement. Des élèves de certains dojo apprennent à utiliser le nunchaku, les sai, le tonfa, le kama, le bo, etc. La popularité des armes dans d’autres arts martiaux ont pour conséquence cette modification pour de nombreux clubs.


Coup de coude en Uechi-ryû (Kanei Uechi)

Types de mouvement dans l’Uechi-ryu okinawaien

Comme le shôtôkan, ce style particulier de karate est très connu pour son accent sur les techniques dévastatrice de frappes, coups de poings et coups de pieds. Il emploie largement shoken (coup de poing avec la phalange de l’index sortie), coup de pieds en tsumasaki (doigts de pieds tendus) et pique de la main dans les entrainements. Le style incorpore aussi un blocage circulaire qui est prédominant au sein du système. Les positions développées par Kanbun Uechi ne sont pas aussi profondes et basses qu’en shôtôkan, permettant au pratiquant l’abilité de se déplacer rapidement.

Très peu de choses ont été transcrites en anglais sur la philosophie qui a alimenté le karate Uechi-ryû, mais ses pratiquants suivent les régles (kun) basiques mises en place par Sensei Kanbun.
 
1. Le but de l’entrainement de karate est de se construire et se maintenir un physique fort.
2. Le but de l’entrainement de karate est de développer le mental, les caractéristiques humaines et spirituelles.
3. Le but de l’entrainement de karate est de ne jamais attaquer, mais se défendre seulement (en ce sens il faut comprendre que le karate ne sert pas à agresser, car on peut se défendre en attaquant… c’est même plus efficace).
4. Le but de l’entrainement de karate est de ne jamais attaquer ou faire du mal à quelqu’un par aucune action, mot ou pensée d’aucune sorte.
5. Le but de l’entrainement de karate est de développer la résistance, l’endurance et la patience dans le but d’accepter calmement les responsabilités de la vie et de surmonter les situation difficiles.

Une première différence entre les maitres à l’origine  du shôtôkan et de l’Uechi-ryû est que Gichin Funakoshi  est devenu un écrivain prolifique dont le travail sur la voie du karate a été traduit mondialement. Kanbun Uechi, de l’autre côté, était largement respecté pour ses techniques de karate mais n’était pas connu en dehors du Japon ou d’Okinawa de façon générale jusqu’à ce que des élèves occidentaux publient son travail.

Conclusion

En conclusion, on peut dire que des dizaines de milliers de pratiquants d’arts martiaux sont entrainés principalement par les styles shôtôkan et Uechi-ryû. Les maîtres fondateurs des deux styles ont tous les deux émergés dans l’explosion de l’étude des arts martiaux au Japon avant la seconde guerre mondiale. Les deux styles ont maintenu des kata fondamentaux, une pratique structurée, et l’accent sur le respect, le développement personnel et le conditionnement physique. Au coeur de cette pratique pour les élèves en shôtôkan se trouve la pratique rigoureusement exacte des kata et des mouvements de kihon alors que les dojo d’Uechi-ryû concentrent une énergie énorme à parfaire le coeur des mouvements de leur art dans le perfectionnement du kata sanchin.
Alors que le karate shôtôkan privilégie le combat à distance, le karate Uechi-ryû a pour stratégie de combat le combat rapproché (d’où le travail du renforcement). Traditionnellement le karate Uechi-ryû est un jissen karate qui se pratique en plein contact.

Basé sur un texte en anglais de sensei Georges Mattson

References:
– Funakoshi, G. Karate Do Kyohan: The Master Text. Tokyo: Kodansha International, 1989.
– Martin, A. The Advanced Shotokan Karate Book: Black Belt And Beyond. Richmond Hill: Firefly Publishing, 2008.
– Mattson, G. Way of Karate. Boston: Tuttle Publishing, 1992.
– The World of Uechi-ryu (2008) http://www.squidoo.com/uechi-ryu-world.

  2 Responses to “Différences entre shôtôkan et Uechi-ryû”

Comments (2)
  1. Bonjour Jack,

    Juste une petite question: la traduction des niju kun que tu donnes est-elle de toi à partir des idéogrammes?

    A bientôt?

    Marc

    • Hello,

      Non, je n’ai pas traduit et je n’ai pas eu accès au texte japonais. La traduction a été faite par un américain stationné à Okinawa depuis pas mal d’années.

      A bientôt

      Amicalement
      Jack

 Leave a Reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)

Solve : *
24 − 19 =


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.