Fév 242008
 


* Titre original : Hesei tanuki gassen Ponpoko (平成狸合戦ぽんぽこ)
* Réalisation : Isao Takahata
* Scénario : Isao Takahata, d’après une idée originale d’Hayao Miyazaki
* Direction de l’animation : Shinji Otsuka, Megumi Kagawa
* Décors : Kazuo Oga
* Infographie : Yoshinori Sugano
* Musique : Shang Shang Taifû
* Son : Yasuo Urakami
* Durée : 119 minutes (1 h 59)
* Production : Tokuma Shoten, Réseau NTV, Hakuhôdo, Studio Ghibli ; producteur exécutif : Hayao Miyazaki
* Dates de sortie : 1994 (Japon), 1995 (Festival d’Annecy) 18 janvier 2006 (France exploitation)

Dans les années 1960, le Japon connaît une forte croissance et les logements font défaut. De vastes programmes de construction sont lancés, destinés à transformer les campagnes en villes nouvelles, en particulier la haute vallée de la Tama, à l’est de Tôkyô. Dans les bois vivent des animaux, les tanuki. Ce sont à la fois des animaux réels et des animaux mythiques(yôkai, obake). La destruction quotidienne de leur espace vital inquiète les tanuki cette fois-ci. Ils décident de s’unir et d’enrayer la progression nuisible des travaux…

Ce soir j’ai regardé Pompoko… Un petit dessin animé écologique très attendrissant. Une oeuvre cocasse, étonnante, mélancolique et chaleureuse. Néanmoins il faut connaître un minimum de culture japonaise pour tout comprendre (comptines, légendes, histoires, faune et flore). Pompoko fait intervenir un grand nombre de compte et légendes populaires à travers le Japon (pas seulement Honshu mais aussi Kyushu, Shikoku et Hokkaido… pour Okinawa, vu que je ne connais pas trop la culture Okinawaïenne pour l’instant je ne peux pas me prononcer).

Bref, un dessin animé que je conseille aux fans du Japon et de la culture japonaise. Mon épouse a été émue jusqu’au larme ce dessin animé lui rappelant son enfance au Japon (puisque le film se déroule à Tokyo) et tout dans le film lui rappelait ses jeunes années auprès de sa famille (les images de Tokyo, les comptines, les contes et légendes). De plus le dessin animé est quand même triste, il met en scène ce qui se passe actuellement dans le monde: les hommes détruisent l’équilibre naturel en annihilant la nature et ainsi sont la cause de l’extermination de bien des espèces animales qui ne demandent qu’à vivre.

Un film culturellement intéressant puisqu’il reprend de nombreux mythes et légendes japonaises sur les obake et les yôkai. On y voit notamment un gigantesque cortège dont tous les figurant sont des yôkai, ce qui permet de voir une grande partie du florilège japonais de monstres et démons japonais. On peut y découvrir aussi l’intéraction entre les kitsune et les tanuki et notamment leur pouvoir commun de changer de forme et de prendre une apparence humaine.

Le film est très fidèle à la  biologie et la façon de vivre des tanuki animaux. Mais aussi reprends tous les mythes et légendes des tanuki en tant que Yôkai. On y voit aussi de nombreuses légendes japonaises et des contes folkloriques. Comme Nasuno Yoichi. Mais aussi Anasaka ojisan (dont le principe de refleurir les arbres a été repris par le jeu Ôkami. On peut y voir aussi par exemple : awa odori (une danse traditionnelle de Shikoku)

Un film très riche en culture , contes et légendes japonais. un film à voir et revoir… et plus on apprend en culture japonaise et plus on découvre des détails du film et de nouvelles informations à apprendre. un film culte!

Par contre un gros coup de gueule contre le sous-titrage français qui est tellement mauvais qu’il en devient inutile. Traduire Yôkai par ectoplasme, c’est passablement insultant pour ces Yôkai!

La musique est superbe… un vrai rêve! Les chants traditionnels sont magnifiquement abordé. Ce film est un vrai plaisir et une vraie dose de culture japonaise à l’état pur!

données techniques sur le film:
http://www.buta-connection.net/films/pompoko_creation2.php

il est à noter:
Les musiques, confiées par Takahata au groupe folklorique Shanshan Taifû (ou Shang Shang Typhoon), qui joue de toutes sortes d’inspirations, est marqué par la présence d’instruments et de formes musicales dits “traditionnels”. Les percussions sont dominantes et sont aussi bien utilisées pour les scènes d’actions que durant les moments de fête et de danse, nombreux dans le film. Le groupe interprète le thème principal du film, comme le fédérateur générique de fin.

Notons d’autre part que les warabe-uta (“chants pour l’enfance”) comme Shojoji no Tanuki Bayashi sont également légions. La chanson que Shokichi et Okiyo chantent lorsqu’ils jouent à la balle est Antagata Dokosa (D’où viens-tu?), une chanson enfantine pour les jeux de balles. Dans cette chanson, un chasseur tue les tanuki avec son fusil, les fait bouillir, les passe au barbecue et les mange. Une autre chanson, plutôt paillarde (et donc les enfants l’adorent!), parle de testicules de tanuki se balançant au gré du vent.

Au final, on est bien loin des thèmes orchestraux de Joe Hisaishi mais c’est justement à travers ce choix, très spécial, d’une bande originale sortant des sentiers battus que Takahata fait des films qui se distinguent.

 Un des points les plus remarquables au niveau des partis pris en animation est la mise en place d’une triple représentation des tanuki :
* La première représente les tanukis de manière “biologique”, tel que nous pouvons les voir dans la nature.

* La deuxième, la plus utilisée dans le film, propose une vision anthropomorphique des tanuki. Elle permet au spectateur de mieux s’identifier aux personnages. Dans Pompoko, les tanuki sont censés vivre sous cette forme (debout, éventuellement habillé) quand les humains ne les regardent pas. Si les tanuki s’étaient tenus debout et habillés devant les humains, le film aurait ressemblé à un dessin animé familial “à la Disney” et connaissant le sérieux et la gravité des problèmes soulevés dans Pompoko, cela n’aurait pas fonctionné.

 

* La troisième est une version simplifiée, plus “cartoonesque”, copiée du manga de Shigeru Sugiura. Miyazaki adore l’oeuvre de ce vieux mangaka. La première fois qu’il pense à faire un film sur les tanuki, il a en tête le manga 808 tanuki. Bien que Takahata ait d’autres idées que Miyazaki pour son film sur les tanuki, il veut lui aussi utiliser le design de Sugiura. Du fait de son coté caricatural à gros traits simplifiés, le réalisateur s’en sert comme variante “émotionnelle” de la représentation, apparaissant lorsqu’ils sont apeurés ou transportés de joie.

Ce traitement permet naturellement de varier le ton du récit et de passer instantanément du récit principal à un style documentaire ou, à l’opposé, à des moments d’émotions ou d’humour.

On retrouve dans le dessin animé de nombreuses chansons et comptines pour enfants comme: anta gata dokosa (あんた方何処さ)  (lorsque Shokichi et Okiyo jouent à la balle) ou encore tanuki san tanuki san asobo janaika (狸さん狸さん遊ぼうじゃないか)

vidéo: http://youtu.be/oOf-0pbSG1w

  2 Responses to “平成狸合戦ぽんぽこ – Hesei tanuki gassen ponpoko”

Comments (2)
  1. je suis amoureux du japon! et ça me rappelle que je devrais encore le revoir mieux!

    • Merci pour votre message. Les dessins animés japonais sont souvent très très riches en culture japonaise. Après les avoir regardé une fois, il faut les revoir avec du recul en cherchant les détails, les clins d’oeils et les parodies…

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