Juin 212019
 

Cela faisait un moment que je n’avais pas blogué. Deux mois… deux longs mois… je n’ai toujours pas uploadé mes photos de mon dernier séjour au Japon, et je ne vous ai pas non plus parlé de mon quotidien. Il y a beaucoup à dire et beaucoup à raconter pour me rattraper. Beaucoup de raisons, notamment une déconnexion numérique et un éloignement des réseaux sociaux et du net. Je continue de recevoir, lire et répondre aux emails, mais je ne suis plus du tout actif sur les réseaux sociaux (autrement que liker une vidéo marrante et la partager). Du moins sur les réseaux sociaux personnels, car je continue à alimenter mon tweeter et mon linkedin de communications de mon entreprise. Donc j’ai fait une petite (grosse) pause de virtuel, pour me concentrer sur le réel, et sur mon art.

En parlant d’art… Aujourd’hui, je suis allé voir mon ami Antoine qui jouait dans une pièce de théatre: “La Rue. A qui est ce monde”.

Avant de parler de “l’Autre Théâtre” et de la “Cie la Hurlante”, je vais d’abord vous parler de la pièce…

Mise en scène par Caroline Cano, la pièce est présentée comme une représentation d’un témoignage. En fait, Caroline Cano explique parcourir les lieux et endroits liés à ses recherches avec un enregistreur et recueillir des témoignages et tranches de vie. Sur ce sujet, elle a rencontré “Nico Fly”, une personne de la rue qui lui a raconté son histoire. A partir de cet unique témoignage, elle a mis en scène une pièce avec des acteurs issus de “l’Autre Théâtre” que je vous présenterai plus bas.

La pièce alterne entre les passages de voix off, de l’enregistrement de la voix et de l’histoire de “Nico Fly” (j’en ai déduis) et des jeux et paroles des acteurs.

Pour résumer la pièce en quelques mots: poétique, beau, poignant, drôle, émouvant, magnifique.

Caroline Cano a non seulement réussi à mettre en scène avec brio un vécu qui peut être vu comme difficile, mais a su également mettre tous les acteurs en valeur en exploitant le potentiel que chacun pouvait apporter. Ainsi même l’acteur qui n’avait qu’un rôle de figuration, sans réel dialogue, était présent sur scène, et sa présence était remarquée. Sans mettre un nom sur un visage, il n’y a pas une seule personne des 20 acteurs présents sur scène, qu’on n’ait pas reconnu,  dont on n’est pas parlé par la suite en disant “ah oui, c’est la jeune femme/le jeune homme qui était là”. Les jeux d’éclairage, la présence de chacun sur la scène, tout était mis en oeuvre afin que chaque personne soit le héro d’un moment, d’un moment dont tout les spectacteurs se souviennent.

Caroline Cano et son équipe ont fait un travail incroyable, magnifique et remarquable. J’ai littéralement halluciné devant le niveau de jeu et la mise en scène compte tenu du contexte.

J’ai rit, j’ai eu les larmes aux yeux, j’ai applaudis, j’ai été attendris, j’ai changé…

L’histoire de “Nico Fly” est une histoire qui commence de façon banale, et la suite, pourrait arriver à chacun de nous. Il la livre sans filtre, sans justification, sans excuse, simplement… Et en prenant du recul nous enseigne une certaine philosophie de vie. Quand je suis sorti de la pièce, je me suis dit… “par moment je suis vraiment un sale con égoïste… et il faudrait que je fasse plus attention aux autres”. Comme il l’explique, quand on a un boulot, un chez soi et ce qui va avec, on s’enferme dans une bulle pour protéger tout cela. Dans la Rue, on a rien de tout cela, et donc on crève cette bulle et ce qui reste c’est le coeur.

La pièce met en scène une vingtaine de personne qui se trouvent dans la rue (mais qui ne sont pas forcément à la rue). Ils cherchent leur place. Ils font des rencontres, ils réfléchissent, ils échangent. La rue est riche en humanité pour qui est ouvert pour le ressentir. La rue c’est ce melting-pot qui fait se croiser les êtres humains, qui fait s’entre-croiser les destins. On y présente, la joie, l’espoir, le désespoir, la richesse humaine, l’affection, l’amour, etc…

Les élus en prennent pour leur grade de façon masquée, mais j’ai adoré les nombreux clins d’oeil…

Le passage que j’ai préféré est extrêmement riche en symbole et dans la mise en scène à la fois visuelle et auditive. C’était tellement magnifique, que j’ai regardé, j’ai absorbé les émotions et je n’ai pas pris mon téléphone pour filmer. La seule chose que j’ai c’est le souvenir de cette scène et ce que cela a provoqué en moi.

Pour la décrire, on voit trois personnes à gauche de la scène. Deux personnes assises sur une caisse et une personne devant habillée comme une bohémienne qui commence à se frotter les bras, chasser les mouches autour d’elle, soulever la robe pour frotter les jambes, tourner sur elle même en secouant les bras pour chasser des insectes volants virtuels, et en tapant dans les mains pour les écraser. A gauche de la scène plusieurs personne sortent des bouteilles (vides) d’alcool et s’asseyent en cercle.  La voix off (Nico Fly) parle de l’enfer et paradis de l’alcoolisme et de la consommation de stupéfiants dans la rue, sujet dur et grave. Les acteurs, avec leurs bouteilles vides,  prennent des bâtons en bois et chacun se met à taper sur sa/ses bouteilles en rythme. Et les mouvements de l’actrice habillée en bohémienne commence à se coller aux rythmes des percussions sur les bouteilles. Et on finit par avoir un concert de percussions sur lesquelles danse une jeune fille. Juste magnifique. C’est la plus belle scène que j’ai pu voir depuis un long long moment. C’était tellement beau, et inattendu que j’avais l’impression d’être quelqu’un de privilégié à qui on dévoilait un trésor. Je n’arrive pas à trouver les mots pour décrire ce que j’ai vu, et encore moins trouver les mots pour dire ce que j’ai ressenti. J’ai eu l’impression d’être au cinéma et de voir une magnifique scène sur laquelle se trouve une superbe musique, j’ai eu l’impression de vivre un  spectacle pyroscénique tel que j’avais vu il y a 24 ans au puits du fou, ou encore voir un concert de Kodo, voir de la musique qui fait vibrer tout en voyant une chorégraphie au point tel qu’on ne sait pu si c’est la chorégraphie qui fait vibrer ou la musique… quand la prestation sur scène entre la musique et la danse ne font plus qu’un… et il n’y a plus qu’une scène… Je ne suis pas capable d’en dire plus avec seulement des mots. C’est quelque chose à voir et à vivre.

Et il y a eu des moments drôles mais critiques… Alors que plusieurs acteurs sur scène prennent à parti le guitariste de la pièce en lui disant “va trouver un travail”, “la guitare c’est pas une façon de gagner sa vie”, “sale pauvre”, “va travailler”, etc. mon ami déclame alors: “mais pourquoi est-ce qu’on ne les accueilleraient pas bras ouverts?”. Suivit de regards haineux de l’ensemble des autres acteurs. Il finit par dire “mais non, je déconne” en éclatant de rire, suivit du rire de tous les autres acteurs. Ce passage est à mourir de rire tant les acteurs sont bons, mais aussi pour le clin d’oeil à une certaine bande de parasites nantis qui gangrènent et cancérisent notre pays.

Un autre passage assez hilarant, c’est le dialogue entre Antoine et un autre acteur sur “c’est quoi Star Wars? Ca raconte quoi?”. Là aussi j’y vois une grosse critique de la politique et des politiciens… qui se solde par un “je suis ton père”.

L’ami Antoine m’a vraiment surpris, il est doué et durant un passage chanté j’ai pu voir qu’il avait une très belle voix.

Mais globalement, c’est super beau, j’en suis ressorti transformé. Je suis parti en me disant “punaise! La vie est belle… je veux vivre encore et longtemps pour revivre de belles choses comme ça”.

Mais la pièce n’apporte pas toute les réponses, elle nous fait surtout nous poser des questions. Et il y a des symboles que je n’ai pas compris. Par exemple tout après tour un des acteurs devient voix-off et narrateur et s’approche du micro, il prend une écharpe de type péruvienne qu’il porte autour du coup, exprime un monologue et ensuite remet l’écharpe sur le micro. Un peu à la façon d’un prêtre qui va porter puis retirer son écharpe blanche. Sauf que là, l’écharpe est multicolore et de type péruvienne. On peut y voir plusieurs symbolisme… mais pour l’instant je m’interroge toujours, je n’arrive pas encore à y voir une interprétation…

Si vous avez l’occasion intéressez vous au travail de “l’Autre Théâtre” et à celui de la “Cie La Hurlante”

Présentation

A travers plusieurs tableaux poétiques, drôles ou poignants, un parcours de vie singulier se dévoile et se raconte: une voix, celle de Nicolas Fly, sort du silence et raconte la dégringolade.
«Je vole un petit peu de partout, comme une mouche et je me pose là où je peux, comme une mouche. Et les mouches ont une espérance de vie un peu courte mais y’ en a qui résistent, et je fais parti de ceux qui résistent, voilà.»
Sur le plateau: vingt individus occupent l’espace. Chacun doit y trouver sa place. Nous sommes dehors même si nous sommes dedans.
Un musicien de rue est là, avec sa guitare, et un micro dans lequel un passant aime venir déclamer ce qu’il ressent. Autour, les gens passent, et au milieu d’eux, enroulés dans leurs toile de tente, des hommes et des femmes tentent l’impossible: vivre là.
La simplicité des regards et des présences des interprètes apportera une chaleur inestimable: une humanité dans sa plus belle spontanéité.
Cette création «docu-fiction» est un poème vivant. Le parcours de Nicolas Fly résonne dans les corps des interprètes et nous assistons à des fractions de vie.
Dans ce dedans-dehors qu’est la rue, que se passe t-il ? Comment la rue nous façonne-t-elle, comme nous exclut-elle alors que nous sommes pourtant au milieu de tous? Comment, aussi, l’intimité exposée se joue-t-elle au milieu de la foule ?
Comment vouloir reprendre pied dans une société qui nous efface et dont la solidarité n’est pas toujours au rendez-vous? Quelles émotions, quelles images, quels mots en découleront sur la scène?
Via une partition sonore, nous entendrons comme un fil rouge, le parcours d’une personne ayant vécu à la rue, et sur scène, les présences des 18 comédiens de l’Autre théâtre incarneront des instants de vie éclatés. Le public les accompagnera dans cette épopée faite d’éclats de rires et de mouvements, de silences et de regards criants de vérité.

L’équipe

Mise en scène : Caroline Cano
Assistante à la mise en scène : Charlotte Perrin de Boussac
Création sonore et musicale: François Boutibou
Création lumière: Stéphane Garcin.
Regard extérieur et artiste chorégraphique: Sarah Fréby.
Administratrice: Marina Pardo
Interprètes : les comédiens de l’Autre Théâtre

L’Autre Théâtre

L’Autre Théâtre est née de la rencontre de Robert Bedos (Directeur d’un centre de l’ADAGES à Montpellier), et de José Monléon Directeur de l’IITM à Madrid., et a été créé pour promouvoir l’expression artistique de personnes en situation de handicap dans les pays de la Méditerranée. En 1997 “la déclaration de Montpellier” vient renforcer cette volonté de faire du théâtre un instrument de solidarité,, d’expression, de communication, de création et d’affirmation de ceux qui sont atteints d’un handicap. A partir de l’expérience des rencontres européennes puis internationales, des ateliers voient le jour dans les pays de la méditerranée. Pour la France c’est à Montpellier que l’association Autre Théâtre se développe. Chaque année sont mises en commun les énergies et savoir- faire des professionnels du médico-social et du spectacle, pour arriver jusqu’à la création d’un spectacle complet présenté au Printemps des Comédiens à Montpellier. Certains des acteurs de l’Autre Théâtre ont plus de 15 spectacles à leur actif, et cette formation leur permet depuis cette année (2012-2013) de participer à la Troupe de l’ESAT Artistique “La Bulle Bleue”(à Montpellier) en tant que professionnels, à leur tour. Tous les deux ans environ, sont organisées par l’IITM, des rencontres internationales ou 15 jours de stage, regroupant plusieurs nationalités donne lieu à la création d’un spectacle. Le nombre des acteurs dans la troupe n’est pas toujours le même, de 6 à 28 acteurs, tout dépend du projet du metteur en scène… Cette année 2015, la troupe est de 16 acteurs, Ados, ou adultes, de 15 à 55 ans, un groupe paritaire et trans-générationnelle . Les anim/acteurs(en majorité bénévoles) de l’Autre Théâtre ont pour rôle de soutenir la personne handicapée dans l’évolution du travail théâtral. Leur nombre est variable chaque année (de 6 à 15).

La Cie La Hurlante

La Hurlante exprime dans l’espace public et sur les scènes de théâtre ses revendications poétiques. La Hurlante mène ses projets en créant des espaces de rencontres, elle propose des écritures actuelles. Les disciplines (écriture, théâtre, art de la rue, théâtre d’objets) se croisent au service des histoires racontées. La compagnie souhaite un théâtre sensible, intime et mouvementé. La compagnie est représentée par Caroline Cano (Metteur en scène et interprète) et Marina Pardo (Attachée de Production et Diffusion).

Sources et Liens

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